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Comment une maman arrondit ses fins de mois en BLOGUANT !!

Body Art – Don Delillo

 
femme au foyer
 

Voilà pas mal de temps que je ne vous ai pas présenté de chronique de livre… Tout simplement parce que j’ai d’une part moins lu et d’autre part pas du tout aimé mon avant-dernière lecture – que je n’ai d’ailleurs pas réussi à finir, fait rare qui mérite d’être souligné.

Il s’agissait de « L’Instinct d’Inez » de Carlos Fuentes. Suite au décès en mai dernier de ce grand auteur mexicain, la bibliothèque que je fréquente assidûment avait mis en place tout une étagère avec ses différentes oeuvres. L’histoire de l’Instinct d’Inez semblait sympa, mais quand au milieu du roman je me suis rendue compte que je n’avais toujours pas compris où l’auteur voulait en venir et surtout pas accroché du tout, j’ai laissé tomber…. Bon, ce qui m’a rassurée, c’est que je ne suis pas la seule si j’en juge les commentaires d’autres lecteurs (sur Babelio par exemple).

Je vous présenterai donc aujourd’hui la chronique de Body Art, de Don Delillo…

 
 

Le résumé :

 

Lauren Hartke est artiste ; elle est aussi la troisième épouse du défunt Rey Robles. Ce-dernier, cinéaste culte, se suicide. Lauren décide de retourner dans leur maison de vacances sur la côte de la Nouvelle Angleterre, pour se retrouver seule et faire son deuil.

Elle se retrouve bientôt face à un squatter dans sa propre maison, ni enfant ni homme. Elle décide de l’appeler M. Tuttle et enregistre toutes leurs conversations. Ce mystérieux personnage, à qui l’on ne saurait donner d’âge, a des propos parfois incohérents mais il semble à Lauren qu’il parle parfois avec la voix de son défunt mari…

 
 

A propos de l’auteur :

 
Don Delillo est un écrivain américain né en 1936 dans le Bronx, à New York. Après des études en « Arts de la communication », il occupe un poste dans la publicité puis, désirant ne plus travailler, quitte cet emploi en 1964.

Il est l’auteur de  nouvelles, de pièces de théâtre, de scénarios ainsi que de romans, pour lesquels il est le plus connu.

En 1971 paraît  son premier roman Americana, inspiré de son expérience du monde du travail et de son histoire personnelle. Les thèmes abordés dans son oeuvre sont l’angoisse de la mort, la fascination pour l’image, le film ou le langage ainsi qu’une certaine quête existentielle.

Auteur de 17 romans depuis 1971, il est l’un des auteurs américains les plus influents et les plus commentés.
 
 

Mon point de vue :

 

J’ai découvert cet auteur suite à l’adaptation au cinéma de Cosmopolis, l’un des ses derniers romans, par David Cronenberg.

(Le film est sorti fin mai 2012 en France et a été présenté au Festival de Cannes de cette même année).

Pourquoi n’ai-je pas lu Cosmopolis, alors ? Parce que je préférais aborder cet auteur complexe en douceur, avec une oeuvre pas trop longue. Par son petit format, Body Art m’a ainsi séduite : il compte seulement 125 pages, mais 125 pages d’une écriture vraiment incroyable.

J’ai tout d’abord eu beaucoup de mal à me lancer dans le roman : le premier chapitre décrit avec force détails le dernier petit-déjeuner pris ensemble par Rey Robles et son épouse, personnage principal de Body Art. En terme d’action, il ne se passe pas grand chose : tout est dans le non-dit, les habitudes bien ancrées du couple, mais il faut reconnaître à l’auteur une qualité narrative et une écriture qui « emporte » son lecteur et le met comme en présence des personnages.

S’en suit la nécrologie de Rey Robles, « cinéaste culte » puis Don Delillo revient à Lauren, à son retour dans la maison décrite lors du petit-déjeuner.

J’ai alors été littéralement envoûtée : j’avais beaucoup de mal à avancer dans ma lecture, et en même temps je ne pouvais l’abandonner. Très étrange comme sensation, je crois même que c’était la toute première fois que je vivais cela. Généralement, soit un livre me plaît immédiatement et je le lis très vite, soit il ne me plaît pas et je préfère arrêter les frais tout de suite (comme avec l’Instinct d’Inez).

Malgré la difficulté de lecture de Body Art, je voulais aller au bout, pour savoir ce qui allait arriver à l’héroïne, qui était le mystérieux M. Tuttle qui partage désormais sa vie, morne et sans intérêt à première vue.

La fin du roman est totalement inattendue, très étrange, mais finalement explique tout.

En fait, le génie de l’auteur est de parvenir à immiscer le lecteur dans l’histoire ; c’est une sensation franchement bluffante, que je ne ressens que très rarement et qui avec Don Delillo est très particulière.

Je ne sais si je parviens à traduire ce que je cherche à vous exprimer, je crois qu’il faut passer par la lecture de ce roman (très décrié par ailleurs) pour parvenir à saisir…

J’ai certes dû persister pour aller au-delà de ce fameux premier chapitre ; je ne le regrette vraiment pas et recommande donc cette lecture vivement, qui nous parle de la douleur de la perte des êtres chers, de la solitude et l’isolement qu’elle engendre, de la fuite du temps…

 

Si cette chronique vous a donné envie de découvrir ce roman et cet auteur, n’hésitez pas : cliquez ici !

 
 

Extraits :

 

Ils étaient assis dans la sombre pièce lambrissée sous des gravures de voiliers. Le téléphone sonnait. Il regardait les bûches calcinées effondrées dans la cheminée, le feu de la veille au soir, et elle l’observait.(…)

Il avait le menton en retrait, sévèrement rentré, ce qui donnait à son visage un air inachevé, et ses cheveux raides et hirsutes étaient hérissés de noeuds.

Elle devait se concentrer pour noter ces traits. Elle le regardait et puis il fallait qu’elle le regarde encore. Il y avait dans son aspect quelque chose d’évasif, d’un instant sur l’autre, une ténuité de sa présence physique.

Passé, présent et futur ne sont pas des agréments du langage. Le temps se déploie dans les coutures de l’être. Il te traverse, construisant et modelant.

 
 

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